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#7 Étienne Daho – Les pluies chaudes de l’été (1996)

Ça y est, le temps se gâte. Il ne manquait plus que ça après ce voyage éreintant. Qui plus est, ce voyage, je l’avais commencé à deux et à présent “j’suis comme un chien perdu, comme un chat de la rue”. Un début de vacances digne des aventures de Jean-Claude Dusse. Mais qu’importe, le vent souffle comme un buffle et les embruns fouettent mon visage transpirant de francilien fraîchement arrivé : je suis apaisé, calme, décontracté, à la fraîche, pépère, tranquille, peinard, pépouze. Vous qui lisez ce texte je ne sais où, vous n’auriez pas envie d’être à ma place sincèrement ? Une bonne marche en bord de mer à Hossegor, ça revigore. 

Paroles et Musique : Étienne Daho / Arnold Turboust

Album : Eden

Label : Virgin

Enregistré à : Olympic Studios (Londres)

Sortie : 1996

La piste en une punchline : Je te suis, tu me fuis, imprégnée par l’esprit d’Holly Golighthly. ”

00.20’s : On dirait que ça pleut… oh oui on dirait que ça pleut bien (copyright Matthieu Boogaerts). Le rythme musical régulier nous dicte le rythme de marche à adopter. Chaque pas : un coquillage évité, et chaque coquillage évité : un pas.

02.55’s : La pluie redouble de force, le bâton de pluie s’est renversé, et les gouttes ruissellent au rythme des chœurs. C’est le stade où on s’en fiche pas mal d’être trempé jusqu’aux os. On fera un étendoir de fortune dans la tente qui s’est sans doute transformée en zodiac. Tout baigne…

03.55’min : Ça y est on s’éloigne de la plage, et c’est l’accalmie. Tonerre de Brest, vivement la soupe de poisson après ça.

Veuillez lire attentivement cette notice avant d’écouter cette piste car elle contient des informations complètement subjectives mais néanmoins importantes pour vous. Gardez cette notice, vous pourriez avoir besoin de la relire. Cette piste vous a été personnellement prescrite. Ne la faites pas écouter à quelqu’un d’autre. Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, baissez le volume.

Je marche seul. C’est la loose.

Dans quel cas cette piste peut-elle être écoutée? 

Vous vous retrouvez seul tout, vous avez déjà goûté à la pluie des bords de Seine, de Saint-Lunaire, de Rome et du cap Falcon, et votre soif est inassouvissable. Et puis les larmes, ben c’est bien trop salé. Quant aux « flocons de l’été », n’y pensez même pas !

Comment écouter cette piste ?

Marchez sous la pluie. Ok, le « ciel est déglingué », mais avouez que ça vous fait du bien de recevoir cette pluie chaude abondante qui trempe le caoutchouc de vos écouteurs. Surtout pas de parapluie ici, ou autre capuche. Laissez-vous noyer.

Comment se fringuer pour écouter cette piste ? 

K-way couleur caoua. Parce que bon, la pluie c’est sympa, mais il ne faudrait quand même pas tremper la petite chemise rayée marinière qui vous gratte le dos.

Que manger ou boire en écoutant cette piste ? 

Une larme d’eau de vie, une flaque d’eau gazeuse, un torrent de menthe à l’eau.

Quels sont les effets indésirables éventuels  ?

Syndrome de la solitude agréable (pouvant affecter un auditeur sur 100), attraper une crève par temps brûlant (pouvant affecter 1 auditeur sur 1000), liquéfaction totale du corps (pouvant affecter 1 auditeur sur 10 000).

Photographe : Donald Christie

http://www.donaldchristie.com

https://www.instagram.com/donald_christie/?hl=fr

La France fait de Daho une popstar après la sortie de La Notte, la Notte en 1984. A l’époque, Etienne s’est déjà mis de l’eau dans les cheveux sur une pochette signée Pierre et Gilles. 12 ans plus tard, il récidive, même si le fond marin qui semble apparaître derrière-lui l’excuse. Le résultat est totalement solaire. Après 5 ans d’absence, un petit peu d’eau de mer sur les pores et ça repart !

HOLLY GOLIGHTLY

« Je te suis, tu me fuis, imprégnée par l’esprit d’Holly Golightly. »

  • Holly Golightly est un personnage de “Petit déjeuner chez Tifanny” du romancier américain Truman Capote. Dans cet ouvrage, Holly mène une vie mondaine dans le New-York des années 1940. C’est aussi le nom d’une chanteuse de rockabilly britannique, membre du groupe de garage rock Thee Headcoatees, et qui a été nommée par ses parents d’après le personnage, of course!

Qui sème l’Eden récolte la tempête.

  • En 1996, Étienne Daho fait son retour cinq longues années après la sortie de son précédent album « Paris Ailleurs ». Cette longue pause discographique alimente les rumeurs les plus folles selon lesquelles Daho serait malade, voire carrément six pieds sous terre.
  • L’album, dont les chansons sont cernées d’un ambitieux décor aux sonorités contemporaines techno et synth-pop, fut fraîchement accueilli par le public. Il fut cependant disque d’or en 1997, et est aujourd’hui tout bonnement considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de Daho. David Whitaker, arrangeur réputé notamment depuis son travail avec Serge Gainsbourg sur l’album Histoire de Melody Nelson, y pose ses orchestrations.
  • Étienne Daho s’intéresse fortement à l’électro et à la house music au début des années 90, ce qui fait de lui un précurseur en France. Il décide alors de s’installer un an à Londres avec son compère Arnold Turboust pour produire l’album Eden.
  • La première édition de l’album en 1996 proposait un jeu vidéo bonus dans lequel on pouvait incarner Étienne entreprenant un parcours initiatique de la découverte des plaisirs de la vie … Tout cela en étant conduit par une sirène dans un décor qui rappelle l’endroit où Daho passait ses vacances avec ses grands-parents. Que d’innovation mes aïeuls.
  • « edendaho » : Interview réalisé par Canal+ en 1996 au moment de la sortie de l’album.
  • « Étienne Daho : l’histoire du disque « Eden », 24 ans après » (Jack)

Plombé, le ciel est déglingué
J’suis comme un chien perdu
Comme un chat de la rue
Détrempé par les pluies chaudes de l’été
Sans foi, les jours sont plus ou moins pareils
Les nuits semblent sans fin et les voies sans issue
Inondées par les pluies chaudes de l’été
Dans ma tête, toutes ces ombres
J’pensais pas un jour souffrir comme ça
Sur la tête des trombes d’eau,
J’espère un jour me sentir enfin bien
Plus de peur plus de mal
Six jours déjà qu’t’as filé comme ça
Tu m’dis que j’suis pas clair
Expert en l’art et la manière de te faire plonger
Mais sans fin, tes pas suivent les miens,
Je te fuis tu me suis
Je te suis, tu me fuis,
Imprégnée par l’esprit d’Holly Golightly
Dans ma tête, toutes ces ombres,

Plus personne ne m’fera souffrir comme toi
Sur la tête des tonnes d’eau,
J’espère un jour y voir enfin clair
Plus de peur plus de mal
Dans ma tête ces zones d’ombre,
J’savais pas qu’ça faisait souffrir comme ça
Sur ma tête des trombes d’eau,
J’espère un jour me sentir enfin bien
Plus de peur que de mal.

par Ryme

Toutes les photos sont issues du livret de l’album Eden.

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