Accéder au contenu principal

#13 Philippe Katerine – Vacances à l’hôpital (1996)

C’est une nouvelle soirée sur la terrasse qui commence. Autour de la table il y a mes deux sœurs, mon père et ma grand-mère. Le plateau se déplie. Ce soir, comme à l’accoutumée pendant ces vacances d’été, on aura encore le droit à une partie de « Docteur Maboul ». Alors que le mercure redescend à une allure mollassonne, je procède à une opération à cœur ouvert. Je me souviens de ce qu’avait dit mon oncle chirurgien à un repas familial : « dans le bloc opératoire, je dois faire le vide. Il y un être humain devant moi, et je dois le réparer. » Le cœur, réparable ? N’importe quoi ! La lumière rouge s’allume : « bip ».

Paroles et musique : Philippe Katerine

Où trouver la piste ? : piste 15 sur 16

Durée de la piste : 1 min 34

Album : Mes Mauvaises Fréquentations

Label : Rosebud

Enregistré à : studio Le Chalet (Bordeaux), studio Crescendo (Nantes), studio Garage (Paris)

Sortie : 1996

La piste en une punchline : « Je passais mes vacances à l’hôpital. Je ne sais si je vais mal mais, j’étais si bien sans vous. »

00.10’s : C’est le début de la visite médicale. Katerine a ici des allures d’un mix entre Chet Baker et Docteur House et nous prend notre pouls.

00.34’s : Une flûte apporte plus de légèreté à un titre planant au-dessus des examens et des patients.

00.49’s : Un vibraphone salvateur fonctionne comme un ultime remède de cheval. La sortie n’est plus très loin. Mais « j’étais si bien sans vous » que je pense rester encore un peu plus finalement.

Thriller

Dans quel cas cette piste peut-elle être écoutée ? 

Quand vos vacances ne se déroulent pas tout à fait comme prévu, mais que finalement vous ne les échangeriez pour rien au monde. Hors de question d’ailleurs !

Comment écouter cette piste ?

On ne va pas vous demander de jouer à « Free Solo », mais cette piste s’écoute encore mieux avec quelque chose de cassé. À vous de voir donc.

Comment se fringuer pour écouter cette piste ? 

Une belle blouse blanche qui vous rappellera vos cours de physique-chimie de collège. Sauf que cette fois-ci, vous ne ferez pas joujou avec le tube à essai, l’hydroxyde de sodium ou l’acide chlorhydrique.

Que manger ou boire en écoutant cette piste ? 

 Remontez-vous le moral avec une petite compote sucrée. Ce qu’on vous apportait au lit quand vous aviez la grippe, petit.

Quels sont les effets indésirables éventuels  ?

Réaction chimique incontrôlée. Intolérance au gaz anesthésiant. Faire les grimaces de Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Photos : Franck Roubaud

Conception graphique : Christophe Lavergne

Katerine nous présente ici ses mauvaises fréquentations. En pull-over col roulé ou en costume, quatre personnages à l’allure dandy posent pour la caméra. Nous ne sommes pas parvenus à identifier l’animal en peluche sur lequel Katerine s’appuie sur la deuxième photo. Lion, chouette ou autre rapace, ours ? Les paris sont ouverts. Ces quatre photographies s’expliquent en tout cas par le rassemblement des quatre photos illustrant les quatre EP contenant chacun certaines chansons de l’album, sortis l’année même et rassemblés pour l’album.

Une belle brochette

Photoshoot dandy sur l’herbe

  • Bien avant ses succès des années 2000 « Louxor j’adore » et « La Banane », Philippe Katerine (Philippe Blanchard de son vrai nom) a parcouru les années 1990 dans un tout autre style de chansons, en dandy léger et jazzy. Mes Mauvaises Fréquentations est son premier succès public, s’exportant même jusqu’au Japon, pays amateur de nouvelles chansons françaises. Précédemment, dans L’éducation anglaise (1994), Katerine laisse le soin à sa sœur (sous le pseudonyme de Bruno) et à sa compagne Anne de chanter le même type de ballades « romantico-mélancoliques », jugeant sa propre voix « pénible ». Pour son premier album « Les Mariages chinois et la Relecture » en 1992, Katerine enregistre chez lui sur un magnéto 8 pistes des chansons minimalistes sur le même ton rêveur.
  • Philippe Katerine passe musicalement un cap avec cet album en 1996. Résolument isolé et solitaire lors de la composition de ses deux premiers albums, il s’entoure alors de nombreux musiciens et d’instruments, qui donnent un aspect réellement orchestré aux chansons. Son succès lui permet de commencer à réaliser des tournées.
  • Lors d’une excellente auto-interview pour Jack en 2019, Philippe revient sur le Katerine des années 90 : « Ça devait être quelqu’un de plus angoissé. Plus coincé aussi quelque part. Ensuite, les concours de circonstance ont fait que le corps s’est libéré. Et l’esprit est dans le corps figurez-vous. »
  • Vidéo et interview tirées d’une première partie de Philippe Katerine à Reims, à l’époque de la sortie de l’album Mes Mauvaises Fréquentations.

Je passais mes vacances à l’hôpital
Je ne sais si j’avais mal mais
J’étais si bien sans vous
Dans les journées ensoleillées comme
Je sentais tout à coup
Mon cœur chavirer

En regardant les ombres danser
Et les autos circuler je
Je pensais bien que j’oublierai
Que j’oublierai

Toutes mes vacances à l’hôpital
Tous les endroits où j’avais mal
Mais quand la nuit tombera
Je replierai mes bras et
J’aurai jusqu’au bout
Quelque chose de moins que vous
J’aurai jusqu’au bout
Quelque chose de plus que vous

par Simdo

Catégories

90's

Étiquettes

,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :