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🔥 Emmanuel Mario (Astrobal) nous parle de l’EP « Vivre! Vol.1 »

Pilotant la fusĂ©e musicale Ă©lectronique et astrale Astrobal depuis une dizaine d’annĂ©es, Emmanuel Mario est Ă©galement un batteur, producteur et arrangeur ayant travaillĂ© avec des talents Ă©clectiques, notamment de la scène française (Arnaud Fleurent-Didier, Ricky Hollywood ou encore Nina Savary). Au printemps dernier, en plein cĹ“ur des virages escarpĂ©s des Corbières, oĂą la lumière est prĂ©sente « 300 jours par an », naĂ®t le projet Vivre!. Emmanuel s’entoure de Nina Savary (chanteuse et actrice, pour Laetitia Sadier Source Ensemble, Le Grand Magic Circus, Alexandro Jodorowsky, Eddy Crampes), de Vincent Guyot (musicien et producteur pour Laure Briard, Ĺ’, Pieuvre Convex) et d’Arthur Sajas (Haha Sounds). L’ambiance oscille « entre la fĂŞte et les questionnements sans fin ». Sans aucun doute portĂ© par cette Ă©trange Ă©nergie, revigorĂ© par la tramontane chaude qui se dĂ©chaĂ®ne au dehors, Vivre! s’attaque Ă  des reprises de chansons françaises « d’Ă  cĂ´tĂ© », aussi populaires que magnifiquement confidentielles. Piste1 a voulu en savoir plus sur ce projet tout fraĂ®chement sorti des nuits montagneuses.


Piste 1 : C’est la première interview menĂ©e par Piste1, merci de nous l’accorder ! Une des envies Ă  la base de la crĂ©ation du site est de parler de chansons françaises plus ou moins “oubliĂ©es” et “confidentielles”  ? Était-ce aussi l’envie Ă  l’origine du projet de l’EP Vivre! vol.1 ?

Emmanuel Mario : Oui, c’est la mĂŞme envie ! MĂŞme si ces chansons qui composent notre EP sont aussi des chansons qu’on Ă©coute rĂ©gulièrement avec les musiciens qui jouent sur le disque, et qui font plus globalement partie de ma culture musicale. Ce qui est intĂ©ressant, c’est de voir que 30 ans après, il y a des morceaux qui me donnent encore des frissons. C’est lĂ  que je me rends compte Ă  quel point ils sont importants et m’ont imprĂ©gnĂ©s profondĂ©ment. Et puis, il y a tellement de chansons françaises incroyables qui ne sont pas connues du tout. Je pense par exemple Ă  la chanson de Bernard Ilous qui apparaĂ®t sur l’EP, « Les yeux fermĂ©s ». C’est le genre de morceau totalement inconnu qui me fait fondre et qui me donne envie de faire de la musique.

Avant la sortie de cet EP, tu avais déjà un fort rapport à la chanson française ?

Avec mon projet solo Astrobal j’ai commencĂ© par des albums de musique plutĂ´t Ă©lectronique sur le label californien Plug Research, dans lesquels je chantais assez peu, et en anglais. Puis j’ai vite trouvĂ© que cela n’avait aucun sens, alors j’ai fĂ©brilement commencĂ© Ă  Ă©crire puis Ă  chanter en français pour les deux albums suivants, qui sont sortis sur le label berlinois Karaoke Kalk. Et c’est mille fois plus excitant ! 

D’ailleurs je travaille avec beaucoup d’artistes qui chantent en français et les labels français ne les signent pas, ou très peu. Ils ne veulent pas prendre de risques alors qu’il n’y a jamais eu autant de projets incroyables. C’est mĂŞme un foisonnement ! La plupart de ces groupes sortent soit en autoprod’, soit sur un micro-label de potes, soit sur un label Ă©tranger. Comme pour moi, ou ma compagne Nina Savary dont l’album sortira sur un label Anglais, ou comme notre groupe Vivre! qui sort sur le label bruxellois Freaksville.

 Â© Lucie Bourdeu

Comment expliquer le fait que des labels étrangers signent davantage de projets en français ?

Je crois qu’ils se foutent de savoir si la musique est Ă©crite en français ou pas. Ils entendent juste de la musique. 

Il y a certainement un rapport plus sacralisé en France vis-à-vis de la chanson française ?

Oui bien sĂ»r. Mais en France il y a surtout un fossĂ© Ă©norme entre musique savante et musique populaire. Nous avons une histoire qui nous Ă©crase et la musique populaire, comme la chanson, n’est jamais prise au sĂ©rieux. Alors qu’une chanson peut ĂŞtre aussi forte et riche Ă©motionnellement qu’une oeuvre classique ou contemporaine.

Aujourd’hui, beaucoup de groupes en France ne sont pas anecdotiques du tout et composent une musique aventureuse vraiment singulière, en dehors des modes. Je pense Ă  des gens comme Institut, Ricky Hollywood, Ĺ’, Julien Gasc et Aquaserge, Bernard Grancher, Arnaud Fleurent Didier, Boris Maurussane, Eddy Crampes, DorothĂ©e Dekoon, Superbravo, François Club, Catastrophe, Biche et bien d’autres …

Il y a en plus, une « patte » française assez unique qui n’a jamais cessĂ© de se dĂ©velopper au fil du temps. Grâce notamment Ă  l’immense Bertrand Burgalat qui le premier, avec The sssound of mmmusic paru en 2000, a su redonner le goĂ»t de la musique française Ă  toute une gĂ©nĂ©ration. Ça a Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment aussi fondateur que les Daft Punk.

Mais d’une manière générale, il est vrai qu’en France, on sacralise l’art. En France, si tu n’es pas connu, tu n’existes pas.

« En France, il y a un fossĂ© Ă©norme entre musique savante et musique populaire. Nous avons une histoire qui nous Ă©crase et la musique populaire, comme la chanson, n’est jamais prise au sĂ©rieux. Alors qu’une chanson peut ĂŞtre aussi forte et riche Ă©motionnellement qu’une oeuvre classique ou contemporaine. »

Et l’EP Vivre! vol.1 est donc sorti sous le label belge Freaksville.

C’est le label de Benjamin Schoos, musicien et producteur multifacette, basé à Bruxelles et qui sort des projets assez fous de toutes sortes, allant du krautrock à la chanson.

On a enregistrĂ© l’EP pendant le confinement, dans une maison de campagne dans les Corbières près de la MĂ©diterranĂ©e, oĂą j’ai installĂ© mon studio. Le tout dans un climat Ă©trange de fĂŞte et de questionnements sans fin. J’ai ensuite envoyĂ© nos morceaux Ă  Benjamin Schoos que je connaissais, en pensant que cela pourrait convenir Ă  Freaksville.

L’environnement des Corbières a dû beaucoup influencer l’énergie de ce disque ?

Oui, c’est vrai. La lumière y est unique, prĂ©sente 300 jours pas ans. Ici nous travaillons mieux que nulle part ailleurs, perdus dans la garrigue, loin de la civilisation … on peut faire de la musique 24h/24. C’est un paradis. 

On sent un certain “respect”, une “délicatesse” dans la manière dont vous avez repris les chansons françaises de l’EP ?

On connaĂ®t tellement ces chansons que l’enregistrement de l’album a coulĂ© de source… Ce respect dont tu parles n’est pas rĂ©flĂ©chi. Et la dĂ©licatesse fait dĂ©jĂ  partie de ces chansons. L’idĂ©e Ă©tait aussi de mettre en valeur la richesse de leurs arrangements, des suites d’accords, des textes par une autre forme de production.

Tu situerais alors comment la “patte” d’Astrobal dans l’enregistrement ?

Astrobal occupe la mĂŞme place que dans mes prĂ©cĂ©dents disques, dans le son, le mix, la production, vu que c’est moi qui m’en occupe. En plus, Nina Savary, Vincent Guyot et Arthur Sajas qui font partie de « Vivre! » sont aussi avec moi dans Astrobal. J’ai la chance d’avoir Ă  mes cĂ´tĂ©s le meilleur groupe du monde, avec qui tout est possible. Nina possède un sens du spectacle innĂ© qui rejaillit dans tout ce qu’elle fait. A 5 ans elle brillait sur la scène de la Scala de Milan aux cĂ´tĂ©s de son père JĂ©rĂ´me Savary. Vincent est le meilleur arrangeur/musicien que je connaisse, il peut tout jouer, avec n’importe quel instrument, et Arthur est Ă©galement multi instrumentiste, arrangeur et chef d’orchestre gĂ©nial pour le super groupe HAHA Sounds.

Mais cette fois-ci, l’envie Ă©tait de faire de la variĂ©tĂ©. Avec Astrobal, je fais dĂ©jĂ  une forme de variĂ©tĂ©, mais elle est plus Ă©lectronique, un peu plus « barrĂ©e » et plus prog’. Ici, j’avais vraiment envie de reprendre des morceaux de variĂ©tĂ©s issus d’artistes considĂ©rĂ©s comme “ringards” aujourd’hui, alors qu’ils ont fait des chansons incroyables. Des gens dont on ne parle plus beaucoup. Je pense Ă  Francis Lai, dont on a repris le titre “Ballade pour ma mĂ©moire”. Mais je pense plus largement Ă  tous les morceaux qu’on a repris, j’adore la richesse de leur suite d’accords et cette forme de naĂŻvetĂ© /sincĂ©ritĂ© dans leurs textes qui me touche tant.

« Ici, j’avais vraiment envie de reprendre des morceaux de variĂ©tĂ©s issus d’artistes considĂ©rĂ©s comme “ringards” aujourd’hui, alors qu’ils ont fait des chansons incroyables. »

Parlons de la reprise de “Pauvre Jésus-Christ” d’Henri Salvador. Nous trouvons justement que le côté plus “pop” que vous lui avez apporté dans cet EP permet de mieux saisir cette richesse d’accords dont tu parles.

Oui, sur le morceau original on se rend peut-ĂŞtre moins facilement compte de cette richesse. Salvador avait sorti cette chanson avec sa boĂ®te Rigolo Records au moment oĂą il avait signĂ© un contrat avec les Ă©ditions Disney dans les annĂ©es 1970. Il avait sorti plusieurs vinyles que j’avais Ă©tant enfant. Je pense au Petit Poucet, ou Ă  Blanche-Neige par exemple. Il faisait tout tout seul. Et sur ces albums, il y avait seulement deux morceaux en rapport avec Disney et tout le reste, c’était soit des  rĂ©interprĂ©tations de ses morceaux avec des synthĂ©tiseurs et des boĂ®tes Ă  rythme en mode DIY, soit des tout nouveaux morceaux. Il se faisait plaisir. C’était fait vite, l’enregistrement n’est peut-ĂŞtre pas exceptionnel, mais les morceaux sont dingues.

“Fait vite” comme votre EP Vivre! finalement ?

Oui, après 10 jours intenses c’Ă©tait terminĂ© ! C’était un tel plaisir de trouver une façon de les adapter dans le but de les faire redĂ©couvrir… mĂŞme si je me doute que ce projet restera confidentiel! Mais Ă  la base l’idĂ©e Ă©tait de faire une sorte de variĂ©tĂ© qui puisse plaire Ă  un plus grand nombre…

Sur “Le Martien” la voix de Nina Savary est proche de celle de Françoise Hardy.

Oui, mĂŞme si ce n’était pas recherchĂ©. Nina est Ă©galement chanteuse lyrique. Elle a beaucoup de voix diffĂ©rentes. Quand elle a chantĂ© sur Le Martien, via la magique rĂ©verbĂ©ration BAM de Oto Machines, elle l’a fait d’une façon très naturelle et on s’est rendu compte que son timbre Ă©tait très proche de celui de Françoise Hardy. Mais c’est tout de mĂŞme la voix bien reconnaissable de Nina …

Le titre de cet EP comporte la mention “vol. 1” ? On suppose qu’il y aura un deuxième volume ?

Oui, nous ferons une suite. Je pense que sur les prochains, on fera autant de compositions que de reprises. Nous voulons continuer a travailler sur cette idĂ©e de chansons françaises Ă  la fois “complexes” et populaires. Tous ces morceaux qui aujourd’hui ne sont plus connus du tout. Par exemple, si pour beaucoup de personnes l’album La Question est l’un des plus mythiques de Françoise Hardy, très peu de personnes connaissent la chanson “Le Martien”. 

La chanson française n’est-elle pas tout bonnement “ringardisĂ©e” ?

C’est marrant parce que je travaille avec pas mal de musiciens en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne, et ils sont tous fan de chanson française, et italienne. Eux, ils entendent une super suite d’accords, un morceau avec une ambiance d’un autre temps … Tout simplement. 

Comment le titre de Gilberto Gil s’intègre-t-il dans le reste de l’EP ?

On n’arrĂŞtait pas d’Ă©couter le morceau Ă  la maison. Et puis SĂ©bastien Trihan, qui a fait la pochette et Ă  qui l’EP est dĂ©diĂ©, nous a proposĂ© une traduction du morceau. MĂŞme si c’est un morceau diffĂ©rent dans la production, il devient presque une chanson française au final.

Comme ça, on trouve qu’il fait le lien avec une certaine chanson française influencĂ©e par le BrĂ©sil. On pense notamment Ă  Pierre Barouh …

Oui complètement ! Pierre Barouh a fait dĂ©couvrir la bossa nova Ă  la France, ainsi qu’une façon de chanter peu en vogue Ă  l’Ă©poque. Ma dĂ©couverte de Barouh, c’est dans « Un homme et une femme » de Lelouch, dans cette unique et improbable sĂ©quence oĂą il chante « Samba Saravah »… Je l’ai regardĂ©e des centaines de fois.  Dommage que le “Chabadabada” ait occultĂ© le reste de l’album, qui est une merveille. Ce qu’ont fait Pierre Barouh et Francis Lai sur cet album est unique. Pour moi “Samba Saravah” est une chanson-hymne. Et “Plus fort que nous”, chantĂ© en duo avec Nicole Croisille, est d’une beautĂ© Ă  (me) couper le souffle.

Pierre Barouh a mĂŞme travaillĂ©, plus tard, avec Yukihiro Takahashi, Ryuichi Sakamoto et Haruomi Hosono, d’autres idoles, pour l’album Saravah!.

Reparlons de Bernard Ilous, chanteur confidentiel et oublié. Pour tout te dire, nous l’avons connu en écoutant ton EP ! C’était important pour vous de le faire apparaître aux côtés d’artistes bien identifiés du public comme Françoise Hardy et Henri Salvador ?

Pas dans cette idĂ©e car, de toutes façons, les chansons reprises ici, de Hardy ou Salvador sont peu identifiĂ©es du public … J’avais dĂ©jĂ  repris une chanson de Bernard Ilous “La route Ă  l’envers”, sur le dernier album d’Astrobal. Il a fait deux albums et deux ou trois 45 tours dans les annĂ©es 1970 chez Flamophone. En long format, il a donc sorti Ilous & Decuyper en duo avec Patrice Decuyper, et puis son album solo, Ilous, beaucoup plus personnel. Il y propose une pop très aventureuse, progressive, en Français, avec des accords incroyables, et une Ă©criture assez naĂŻve, très directe. Ses textes me touchent beaucoup.  Après ces deux albums, il a arrĂŞtĂ© et a notamment Ă©tĂ© choriste dans beaucoup de projets, dont les albums de VĂ©ronique Sanson. Sa carrière solo fut furtive et sans succès commercial, mais elle est marquante, assez unique.

C’Ă©tait le label Flamophone de Claude Puterflam qui avait produit son album et qui a Ă©galement crĂ©e le Studio Gang Ă  Paris. Son label a produit plusieurs artistes du mĂŞme genre. Il y a eu Ă  l’Ă©poque une petite mais puissante vague de chanteurs dans cette veine de chanson folk/prog avec des synthĂ©s, politiquement Ă  gauche, comme Jean Pierre Castelain, Michel Zacha, Claude Engel, Richard Guilly, Total Issue, Roland Bocquet, Darras et Desumer, …

Comment est venu le titre Vivre! ?

Lors d’un vide-greniers, j’ai trouvĂ© un magazine de Gymnosophie qui date de 1953, avec la photo d’une femme nue en couverture, et dont le titre est « Vivre d’abord! ». La Gymnosophie, les sages nus ou « la sagesse du corps » est un mouvement naturiste remis au goĂ»t du jour dans les annĂ©es 30 par KiennĂ© de Mongeot, mais inspirĂ© par les philosophes Indiens Sannyasin. Ce mouvement naturiste comptait 6 millions de personnes en Europe avant la seconde guerre mondiale. 

Pour nous aussi, « vivre nu » est un plaisir unique et reprĂ©sente une forme de libertĂ© doublĂ© d’un acte politique simple et puissant. Nous avons donc premièrement voulu nommer l’EP “Vivre d’abord!”, mais ce titre Ă©tait dĂ©posĂ© … Et il y avait aussi le film “Vivre pour vivre” de Claude Lelouch dont je possède la BO de Francis Lai en vinyle et que nous Ă©coutons beaucoup …

Bref, le titre “Vivre!” était évident, surtout qu’il faisait directement écho à la situation folle que l’on vit en ce moment. Tout se redécoupait, avec cette forme d’évidence. C’est un titre qui est trivial, même “ridicule”, comme tous ces livres de coaching et de développement personnel sur ce thème, mais aussi terriblement sérieux. Ça symbolisait tout ce que nous voulions dire et faire.

Encore une fois, grand merci pour le temps que tu nous a accordé. Place à la dernière question qu’on voudrait poser à chacune de nos fins d’interviews : à quoi tient une chanson française aboutie d’après toi ?

Je pense qu’il n’y a aucune règle, en tous cas je n’en ai aucune.

“Abouti” ne veut pas dire grand chose pour moi.  Je crois surtout au cĂ´tĂ© intuitif des choses. Les formules marchent Ă©videmment, mais seulement Ă  un certain niveau de mainstream. Evidemment, il faut que le compositeur ou auteur y ait cru Ă  un moment donnĂ© … qu’il ait ressenti cette excitation magique qui le pousse Ă  continuer.

Finalement, ce qui fait qu’on retient une chanson, c’est tout ce qu’on est, notre vĂ©cu Ă©motionnel, familial, amoureux. Tout cela est donc très complexe et changeant !

Vivre! vol.1 (paru le 21 août 2020/ Freaksville Records)

https://vivreofficial.bandcamp.com/

TRACKLIST :

1.Pauvre JĂ©sus-Christ (chanson originale de Henri Salvador et Bernard Michel)
2.Le martien (Tuca et F. Gérald, interpretée par Françoise Hardy)
3.Ballade pour ma mémoire (Francis Lai, interpretée par Liliane Davis et Francis Lai)
4.Les yeux fermés (Bernard Ilous)
5. Lieu commun *Lugar comum* (Gilberto Gil / João Donato, Adaptation Française par Sébastien Trihan)

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