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#15 Laurent Voulzy – Cocktail chez Mademoiselle (1979)

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C’est toujours intrigant quand deux substances ne se mélangent pas dans un verre à cocktail. On a beau agiter le shaker, le secouer, jusqu’à ce que le sang de nos mains tamponnent contre nos veines vertes, le blanc d’oeuf ne se diluera jamais dans le Pisco. Le sucre, lui, a déjà complètement fondu. Il a succombé à l’appel d’une cigarette fumée sur la terrasse. Le blanc d’œuf, on ne la lui fait pas. Il en a vu d’autres, des tentatives de fusion des corps ! Alors, il préfère rester dans son coin, affalé sur la table basse du salon, à observer le déroulement de cette dernière soirée estivale. Quand les gosiers auront tout consommé, son corps mousseux se traînera pour couler dans l’orifice d’un évier en inox. Ne restera plus que d’autres corps, chauds, humides et endormis, ceux des invités de mademoiselle.

Paroles : Alain Souchon

Musique : Laurent Voulzy

Où trouver la piste ? : piste 7 sur 8

Durée de la piste : 6 min 34

Album : Le cœur grenadine

Label : RCA/RCA Victor

Enregistré à : Studio Davout (Paris)

Sortie : 1979

La piste en une punchline : « La boule dans la cuisine, c’est une fille qui roupille. Trop de liqueurs, mal au cœur. »

00.22’s : Dans la douceur d’un rayon de soleil saveur coco et de son léger « rayon » de guitare associé , le cristal des verres s’entrechoquent. « C’est mignon, c’est le cocktail ! » Le problème, c’est que j’ai envie de te voir en solo.

1min.50’s : Par fax, tu m’avais dit de passer chez toi « avant minuit cette nuit ». Mais je m’attendais pas à autant de monde et à une orgie de « Malibu-mangue-ginger » sucre perlé dans ta cuisine. Et puis, à présent, je suis déjà bien saoul. C’est bien connu, le sucre masque les effluves d’alcool. A quand les effluves d’amour ?

04min.34’s : Alors que la piste se prolonge dans un doux épisode instrumental, ça y est, le premier cristal brisé est arrivé. J’ai laissé échappé mon verre sur les carreaux de ton balcon. Bientôt ce sera au tour de mon palpitant. Le bruit ne sera juste pas la même. Et je ne la ramasserai pas celui-là. Je le laisserai là, sur le blanc crème. Il aspergera les passants qui passent en-dessous de ta fenêtre.

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1979 … et déjà les ventilos à gogo

Dans quel cas cette piste peut-elle être écoutée ? 

Quand vous ne savez plus quoi faire pour tromper l’ennui et l’impatience de ne pas pouvoir parler à la seule personne pour laquelle vous êtes venu à la soirée à thème « été 80, on boit du vin » ce soir.

Comment écouter cette piste ?

Vous pouvez faire comme Sophie Marceau dans La Boum ou, plus récemment comme Felix Lefebvre dans Été 85 de François Ozon : décidez-vous à concurrencer la musique de la soirée et ses grosses enceintes et enfilez votre casque pour l’écouter. Bon, ici, il n’y aura aucune main amoureuse pour le faire à votre place, c’est un peu plus triste.

Comment se fringuer pour écouter cette piste ? 

Vous avez renversé un peu de liqueur sur votre haut bariolé, ce qui vous oblige maintenant à le déboutonner pour ne rien laisser paraître. Il y a des soirées comme ça … Au moins, vous avez maintenant l’impression de vous la jouer « flambeur-euse des années 80 ».

Que manger ou boire en écoutant cette piste ? 

Vous vous êtes tellement ennuyé ce soir que vous vous êtes gavé de pistaches. Vous avez maintenant une soif légendaire. De toute façons, il n’y aura jamais assez d’eau dans votre corps pour faire diluer le poison de vos sentiments. Que c’est poétique.

Quels sont les effets indésirables éventuels  ?

Entêtement improductif à se gaver de pistache / brisement compulsif des verres de cocktail.

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Photographie : Jean Lebreton

Jean Lebreton a photographié de nombreuses personnalités musicales de son époque comme Claude François et a réalisé des pochettes d’albums pour Alain Souchon, Maxime Le Forestier ou encore Henri Salvador.


Laurent Voulzy respecte à la lettre le thème de la soirée, et nous propose une chemise à la teinte dominante bleue ciel, où l’on croit apercevoir des plumages d’oiseaux tropicaux. Toute cette extravagance propre à une toile du Douanier Rousseau, légèrement édulcorée tout de même, contraste avec la neutralité presque perturbante de son regard. Et tandis que le fond rouge grenadine apporte du peps, il semble bien être sur le point de nous confier quelque chose. Allez, parle, Laurent !

Blousé

« J’me sens un peu bleu, un peu blousé dans ce bal jeune fille, pas vraiment joyeux. »

(Familier) Tromper, faire tomber dans quelque méprise, décevoir.
ex : « Je me suis bien vite aperçu qu’il voulait me blouser ! »

  • En 1965, à l’âge de 17 ans, Laurent Voulzy passe un séjour en Angleterre qui le convertit définitivement au rock. Ce n’est pas un hasard si, en 1977, c’est avec « Rockollection », morceau de 12 minutes construit sur un medley d’airs anglo-saxons des années 1960, qu’il connait son premier grand succès public.

Alain et Laurent, Laurent et Alain, Laulain dans les loges de l’Olympia en janvier 79 (photo Aslan/Sipa)

  • Au milieu des années 1970, alors que Laurent Voulzy a signé des premiers 45 tours sous son propre nom chez le label RCA qui demeurent complètement confidentiels (« L’amour est un oiseau » ou encore « Les radios qui chantent ») on lui fait rencontrer Alain Souchon, à l’époque aussi peu connu du public que lui. Les deux artistes composeront dès lors un duo d’auteur-compositeur à l’alchimie unique. Voulzy composera la musique de nombreux grands succès de Souchon, notamment ses premiers tubes « J’ai dix ans » et « Allô maman bobo. » Tandis que sur l’album « Le coeur grenadine », les textes de Souchon, à l’ironie légère et adolescente, colleront parfaitement au groove discret des compositions de Voulzy et lui apporteront ainsi un succès durable auprès du public.

Tchip tchip ouna … tchip tchip ouna !!

J’vais reprendre un peu d’champagne, jeune fille
J’me sens un peu bleu
Un peu blousé dans ce bal, jeune fille
Pas vraiment joyeux
Les amis d’Mademoiselle
Sont venus voir Mademoiselle
C’est mignon
C’est le cocktail

Ça discute un peu haut chez toi
Ça m’fout comme un spleen
Qui c’est cette fille de dos là-bas
T’as pas de l’aspirine
J’veux pas faire de scandale
Mais j’viens voir Mad’moiselle
Pas du tout son cocktail

Si ça traîne en longueur ton truc
J’vais m’en aller
Dis à tes jolis cœurs que
J’suis pas énervé

Moi j’suis venu pour intimité
Pour douceur pour particulier
Cigarettes sur la table de nuit, tu m’as dit « Viens ici »
Avant minuit cette nuit
Mais y’a du monde chez Mademoiselle
C’est le cocktail
Chez Mademoiselle
Mais y’a du monde chez Mademoiselle
C’est le cocktail

Tiens voilà l’hippopotame qui danse
Y m’éclabousse
Il transpire et c’est le drame en transes
Y faut qu’on se pousse
La boule dans la cuisine c’est une fille qui roupille
Trop de liqueurs mal au cœur Bon!

Maintenant tu vois y’en a marre jeune fille
J’veux t’embrasser
Tu peux leur dire bonsoir jeune fille
Fais les dégager
Moi j’suis venu pour intimité
Pour douceur en particulier
Cigarettes sur la table de nuit
Tu m’as dis viens ici
Avant minuit cette nuit
Mais y’a du monde chez Mademoiselle
C’est le cocktail chez Mademoiselle

Il pleut sur la terrasse
Sur tes lèvres un goût fraise
C’est le cocktail Mademoiselle

Y’a plus personne chez Mademoiselle
Plus d’cocktail Mademoiselle
Y’a plus personne chez Mademoiselle
Moi et elle

par Simdo

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70's

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