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#22 Bertrand Betsch – La complainte du psycho killer (1997)

02 décembre 1997

Je me suis précipité au Shopi juste avant la fermeture. Il est 19h46, j’ai un petit quart d’heure. J’ai plusieurs articles d’importance à acheter, ça ne peut pas attendre. 20 francs le rouleau de scotch ? Je m’attendais pas à ça. Moi, j’ai plus un rond.  D’autant qu’il me faut aussi du sparadrap. Le sang et la chair, ça coute cher. Et tous les ciseaux ont des bouts ronds. Mais ça ne peut pas attendre. Je ferai avec. Psychokiller, qu’est ce que c’est ?

Paroles et musique : Bertrand Betsch

Album : La soupe à la grimace

Où trouver la piste ? : piste 9 sur 14

Label : Lithium

Sortie : 1997

Enregistré à : Drop Studio (Rennes) / Studios de la Seine (Paris)

La piste en une punchline : « Ne t’approche jamais de moi, tiens-toi loin hors de ma vue. Si tu me frôles de tes appâts, je crois bien que c’est foutu. Un pas de plus nous sommes perdus.  » (ouais ouais, soft hein)

00.15’s : Il est 19h46, l’heure à laquelle Michel entre dans le supermarché ce soir de décembre 1997. Mais, ce soir-là, il a l’air soucieux, plus pressé que d’habitude … La manière qu’ont ces synthés et cette boite à rythme de cracher presque brutalement leur sonorité nous glace déjà le sang. L’effet FELA est déjà complètement garanti. (s/o Michel Legrand)

01.25’min : La cold wave continue. Un soir comme celui-là, ça se prépare. Ficelles et sparadrap. « Si tu savais combien ça me coûte ? » 55 francs à la caisse.

03.07’min : On est à la fois horrifié et fasciné par cette montée en intensité musicale du glauque. Le légiste a du pain sur la planche …

4:25’min : Après un un étouffant solo de batterie qui clôture cette piste en un emballement déchainé et une respiration de basse mordante, les jurés n’ont pas été sensibles aux arguments des avocats de la défense. 30 ans.

Bertrand Betsch
photo : Philippe Lebruman

Betsch (en arrière-plan) et Christian Quermalet des Married Monk au Drop Studio (Rennes)

Veuillez lire attentivement cette notice avant d’écouter cette piste car elle contient des informations importantes pour vous. Gardez cette notice, vous pourriez avoir besoin de la relire. Cette piste vous a été personnellement prescrite. Ne la faites pas écouter à quelqu’un d’autre. Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, baissez le volume. 

Dans quel cas cette piste peut-elle être écoutée ? 

Avant des courses destinées à une bonne séance de bricolage. 

Comment écouter cette piste ?

En coupant du sparadrap avec des ciseaux tranchants. Pour commencer. 

Comment se fringuer pour écouter cette piste ? 

Prenez des habits qui ne craignent rien, et surtout pas le rouge. Je pense à ce t-shirt que votre cousin vous a offert et que vous ne portez même plus en pyjama. 

Que manger ou boire en écoutant cette piste ? 

N’hésitez pas à bien vous hydrater entre deux coups de marteau ou deux coups de fer rouge.  

Quels sont les effets indésirables éventuels  ?

Besoin frénétique de scier (pouvant affecter 1 auditeur sur 100), addiction à la colle du sparadrap (pouvant affecter 1 auditeur sur 1 000), brûlures au troisième degré dûe à l’utilisation répétée du fer à repasser (pouvant affecter 1 auditeur sur 10 000), sombre folie (là les probabilités n’indiquent rien, mais sait-on jamais)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 91rrHxt-5XL._SS500_.jpg

Pochette : Olivier Dangla, photographe régulier du label Lithium

Deux silhouettes noires sur du gris. Il fait froid. On tient des mammifères en laisse. Bref, un temps à bouffer une bonne soupe.

Bertrand Betsch : « Pour la petite histoire il s’agit d’une photo des parents d’Olivier promenant leur caniche sur une plage de la Somme en plein hiver. L’extase quoi!« (Interview par Soul Kitchen, octobre 2017)

Taillade

« Ces entailles, ces taillades sous les aisselles et sur les bras »

  1. Coupure faite dans les chairs à l’aide d’un instrument tranchant.
  2. Entaille faite sur un inanimé concret à l’aide d’un instrument tranchant. 
  3. (Patois de Provence) Tranche. Il a eu une grande taillade de jambon maigre avec un liseré de gras (Giono, Regain, 1930, p. 224).
  4. (Vieilli) Ouverture longitudinale pratiquée dans un mur. Au-dessus de cette porte on voyait les armes des seigneurs de Combourg, et les taillades à travers lesquelles sortaient jadis les bras et les chaînes du pont-levis (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 63).
  5. (Vieilli) Ouverture pratiquée dans l’étoffe de certains vêtements afin de laisser apparaître la doublure ou le vêtement de dessous. Je conseillerais à Sa Seigneurie le costume de velours noir à taillades et bouffettes en satin de la même couleur (Gautier, Fracasse, 1863, p. 333).

https://www.cnrtl.fr/definition/taillade

  • La Soupe à la Grimace est le tout premier album de Bertrand Betsch. Un album aux ambiances souvent très sombres et désabusées, et qui déroute par l’honnêteté de la palette de sentiments qu’il déploie. Devenu presque mythique dans le paysage de la nouvelle chanson française, le disque est aujourd’hui revendiqué par de nombreux auteurs de chansons.
  • A l’époque de la production de l’album, Bertrand Betsch n’imagine pas un autre label que Lithium pour produire l’album. Disposant déjà d’une centaine de chansons et se sentant extrêmement proche de l’album La Fossette de Dominique A paru sous ce même label, il envoie en 1995 une cassette audio à Vincent Chauvier, son fondateur. « […] je ne me suis posé aucune question. C’était Lithium ou rien. Il n’y avait de toutes façons que très peu de labels indépendants à l’époque (je n’ai d’ailleurs pas démarché d’autres labels). » (Interview par Soul Kitchen, octobre 2017)
  • Pas entièrement satisfait de la première séance d’enregistrement de l’album réalisé au Drop Studio à Rennes, Betsch écrit plusieurs autres chansons dans les jours suivants, dont certaines des plus marquantes de l’album : « La complainte du psychokiller », mais aussi « Passer sous le métro ». Il les enregistre en une dizaine de jours au Studio de la Seine à Paris. (Interview par Soul Kitchen, octobre 2017)
  • La production de « La complainte du psychokiller » et notamment sa boîte à rythme laisse Betsch sur sa fin, qui se promet de la ré-enregistrer. C’est chose faite en 2017, quand une nouvelle version de la chanson paraît sur l’album du 20e anniversaire de La Soupe à la grimace. (Interview par Soul Kitchen, octobre 2017)
  • Dans cette interview donnée pour Soul Kitchen, Betsch se confie beaucoup sur la conception de l’album.
  • Vous le saviez-ça ? Autrefois, les femmes préparaient la soupe familiale du soir, une soupe à la grimace était donc signe d’un mauvais accueil pour l’époux.
  • La soupe à la grimace est aussi le nom d’un film réalisé Jean Sacha et sorti en 1954.
  • La recette de la soupe à la grimace ! Faites vous plaisir avec cette recette … gourmande

Si tu avances vers moi, je ne me tiendrai bientôt plus
Si jamais tu croises mes pas, je crois bien que c’est foutu
Un pas de plus nous sommes perdus

Tu vas t’faire mouiller dehors, fais attention si tu sors
Tu vas prendre mal dehors, j’préfère quand tu dors

Tu aurais dû rester chez toi, ne pas venir t’offrir à moi
J’peux pas me retenir, c’est plus fort que moi
Ne bouge pas, je suis plus fort que toi
Ne crie pas, tu n’en rechaperas pas

Si tu savais combien ça m’coute,
Ces bout de ficelles de sparadraps
Ces entailles, ces taillades sous les aisselles et sur les bras
Si tu savais combien ça m’coute,
Si tu savais combien ça m’coute,
Si tu savais combien ça m’coute,
Si tu savais combien

Ne t’approche jamais de moi, tiens-toi loin hors de ma vue
Si tu me frôles de tes appâts, je crois bien que c’est foutu
Un pas de plus nous sommes perdus

Tu vas t’faire rincer dehors,
Fais attention si tu sors
Tu vas prendre mal dehors,
J’préfère quand tu dors

Tu sais l’amour donne des regrets, faut pas trop serrer les garçons
Un jour ou l’autre ils te font payer le prix de tes attraits

Si tu savais combien ça m’coute,
De te tordre les doigts, te briser les os
Te piétiner, te lacérer, te déchirer le ventre, pour te faire trépasser
Si tu savais combien ça m’coute,
De te ligoter, te faire hurler
De t’arracher les ongles des pieds
Si tu savais combien ça m’coute,
Tu crierais pas, tu pleurerais pas
Tu t’laisserais faire, tu m’laisserais te défaire
Ne bouge pas

Si tu savais combien ça m’coute
Te passer la peau au fer, pour me calmer les nerfs
Te laminer en douceur, pour apaiser la douleur
Te passer la peau au fer rouge, pour calmer les nerfs qui bouge
Te passer la peau au fer rouge, pour calmer les nerfs qui bouge

par Simdo

Références :

https://www.soul-kitchen.fr/77322-1997-2017-seul-moment-de-presence-bertrand-betsch

http://www.xsilence.net/disque-1234.htm

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