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🔥 Abel ChĂ©ret «Je ne pouvais parler que d’amour, le reste n’avait aucun sens. Â»

Son EP Amour Ultra Chelou, dont une rĂ©Ă©dition très agrĂ©ablement augmentĂ©e sort demain, est un concentrĂ© de passion amoureuse sous toutes ses coutures, des plus plaisantes et nonchalantes aux plus tragiques. Il cĂ©lèbre l’amour, le dĂ©sir, le plaisir, Ă  l’aide d’une musique Ă©lectrique et de paroles qui rĂ©veillent nos cinq sens endormis. Nous nous rĂ©veillons alors dans de beaux draps, comme après les Ă©bats, mais avec autour de nous un dĂ©cor propice Ă  prolonger nos envies hĂ©doniques.

Piste 1 a eu envie d’en savoir plus sur la quĂŞte passionnelle d’Abel ChĂ©ret et ses techniques pour survivre aux flèches d’Apollon. Interview on ne peut plus brĂ»lant !


Piste 1 : C’est un plaisir de pouvoir discuter avec toi Abel. Ce qui nous a frappĂ© en Ă©coutant ton EP, c’est le fait qu’il ne parle presque exclusivement que de l’amour. Mais contrairement Ă  beaucoup d’autres auteurs de chansons qui ajoutent Ă  cette thĂ©matique amoureuse un ton mĂ©lancolique, toutes les chansons d’Amour Ultra Chelou Ă©tonnent par leur lĂ©gèretĂ© et leur cĂ´tĂ© dansant.  Pour l’instant tu explores l’amour sans la tristesse ?

Dans la musique et l’art en gĂ©nĂ©ral, je suis assez sensible aux choses qui sont faites avec du recul. Et prendre le contrepied d’un texte sombre avec une musique dansante ou lĂ©gère permet de mettre en valeur le texte, de ne pas le plomber ni le surligner avec de la mĂ©lancolie ou du pathos. C’est aussi ce qui fonctionne le plus avec moi en tant que personne qui voit souvent les choses avec recul et ironie. En revanche, quand j’interprète mes chansons j’essaye vraiment d’être dans le premier degrĂ© et c’est uniquement la musique qui apporte ce dĂ©calage. Les thèmes de mes chansons sont parfois dures et sombres. Sur scène, je tiens Ă  garder cette sincĂ©ritĂ© du personnage qui vit des choses. La musique me permet alors de jouer avec et de prendre du recul.

Tu parles de la scène. On a eu l’occasion de te voir dans le cadre du Festival de Marne le 2 octobre dernier et tu as l’air de vraiment l’aimer. Tu y apportes même une dimension visuelle en jouant avec les machines électroniques qui t’accompagnent. Je me souviens de tes tapotements sur les batteries électroniques par exemple pendant le morceau “Western Eros” … Tu vois la scène comme un moyen de jouer avec tes chansons ?

Oui, c’est vrai que je fais de la musique pour le plaisir d’être sur scène et pour avoir l’opportunité, assez folle d’ailleurs, de m’exprimer devant un public qui m’écoute. Dans la vie, je trouve parfois que ça ne vaut pas la peine d’ouvrir la bouche. La scène est pour moi l’un des rares moments pendant lequel je peux livrer ce que je ressens intérieurement sans me dire que ça va saouler les gens.

On sait qu’avant Amour Ultra Chelou tu avais réalisé un premier EP qui ne parlait pas que d’amour, donc on sait que ce n’est pas le seul thème que tu as exploré jusqu’ici. Mais quand on a touché autant à cette thématique dans l’écriture de chansons, est-ce que ce n’est pas dur de s’en défaire pour des futures créations ?

C’est une très bonne question! Et d’ailleurs je ne sais pas si vous connaissez Martin Luminet, un ami artiste qui va bientĂ´t sortir un EP. Il a dĂ©cidĂ© de rĂ©aliser des vidĂ©os avec des artistes de son entourage qu’il apprĂ©cie. Chacun tirait des mots au sort. J’ai eu le mot “dĂ©sir”. Je parle dans cette vidĂ©o de mon inspiration. Et je me pose justement cette question.  J’ai Ă©crit cet EP alors que j’étais dans une phase de passion extrĂŞme. Je ne pouvais parler que d’amour puisque le reste n’avait alors aucun sens et aucun intĂ©rĂŞt. C’était mon unique inspiration, celle qui me transperçait tellement qu’il fallait que je sorte ces chansons. Ma question est de savoir si, maintenant que cette phase de passion folle est un peu retombĂ©e, je vais connaitre ces mĂŞmes fulgurances. Mes textes vont-ils autant fonctionner et vais-je les trouver aussi intĂ©ressants Ă  dĂ©fendre ?

Pour l’instant, je ne sais pas, mais je continue Ă  Ă©crire des choses parfois en rapport avec l’amour. Après, dans tous les textes que j’écris, si ce n’est pas en lien direct avec l’amour ou le sexe, il y a toujours des sous-entendus. Parfois on pense que je parle de sexe, alors que c’est tout autre chose. Il y a toujours des liens forts avec ces deux thĂ©matiques. Par exemple le titre “J’avale”, d’apparence très Ă©vocateur, ne parle pas du tout de sexe, mĂŞme si l’accroche laisse penser tout le contraire.

©Aurélie Lamachère

Tu parles de double-sens en quelque sorte, tu as aussi parlé de “sous-entendus”, “d’ironie”, de musique “légère” au tout début de l’interview. Quels artistes de chanson française t’ont inspiré pour laisser transparaître ces dimensions-là, cette légèreté presque nécessaire sur des thèmes qui peuvent être trop sérieux comme l’amour ?

Je pense aussi à mes chansons “Lovely Doll” ou “Irma”. Je ne sais pas si on peut dire que “Lovely Doll” est légère mais il y a quelque chose dans la musique qui tient un peu de la comptine. C’est peut-être la chanson la plus sombre de l’EP d’ailleurs. Mais ça me permet de parler de choses dures en utilisant de vrais termes : je répète plusieurs fois le mot “viol” sans que cela ne soit suggéré. Mais c’était quoi ta question du coup ? (rires)

Ahaha, c’était : quels(-elles) chanteurs(-euses) t’ont inspiré pour injecter cette légèreté dans tes chansons ?

Je pense que cet aspect fait partie de ma personnalité, qui n’est donc pas forcément liée à une inspiration musicale. Néanmoins, je pense que je vais plutôt être attiré par certains artistes comme Gainsbourg. Il y a dans ses textes une poésie, une douceur, mais aussi du recul. Et souvent, à partir de sujets assez bruts d’ailleurs. Oui, Gainsbourg est pour moi une influence importante. Et dans les chanteurs plus actuels, je pense à Philippe Katerine, forcément, que j’aime beaucoup.

On avait pu voir dans certaines interviews que tu citais son album “ Mes Mauvaises FrĂ©quentations ”, que l’on adore Ă©galement et dont on a parlĂ© sur Piste 1 Ă  travers la chanson “Vacances Ă  l’hĂ´pital”.

Je l’ai beaucoup écouté aussi. J’aime quasiment tout ce qu’il fait à vrai dire. Cet album est vraiment bien !

Mais vous pensez à quels autres chanteurs français qui ont ce côté “léger” ?

On pensait surtout à Souchon, et aussi un peu à Alex Beaupain quand on t’écoute, même si ce dernier dit lors de ses concerts pour plaisanter “je chante des chansons où il pleut et où tout le monde est mort”. Ses chansons sont en effet amenées avec beaucoup de mélancolie et on sent que ce n’est pas vraiment pareil dans ton EP.

Oui c’est vrai, même si j’aime beaucoup Alex Beaupain aussi, tout comme Dominique A, qui est également dans un registre plus mélancolique. Ce n’est peut-être pas ce qui va me toucher le plus de prime abord, mais ça me plait beaucoup également. Pour ce qui est de la chanson plus ancienne, je préfère Gainsbourg et Brassens, à Brel ou Léo Ferré par exemple, même si j’aime les quatre.

« La nuit je m’ennuie » raconte l’histoire d’un mec qui s’ennuie pendant l’acte sexuel. Je l’ai Ă©crite avant l’EP et je trouvais ça dommage de l’Ă©vacuer et de ne jamais la sortir.

Sur ton EP on remarque que la musique est très Ă©lectronique, c’Ă©tait quelque chose que tu avais envie d’explorer ?

Je ne sais pas si vous avez entendu certains de mes morceaux très acoustiques (ndlr sur le premier et autre EP d’Abel ChĂ©ret). J’ai beaucoup explorĂ© ça depuis mes dĂ©buts. J’ai commencĂ© par faire du rock avec des cuivres, il y a longtemps. Je suis arrivĂ© après sur un projet beaucoup plus doux, beaucoup plus acoustique. A l’Ă©poque j’Ă©coutais aussi pas mal d’artistes comme Katerine, Mathieu Boogaerts…. Des choses peut-ĂŞtre pas « bossa » mais avec des ambiances qui y ressemblaient.

Mais en mĂŞme temps je sentais bien que je faisais ça pour caler les paroles car je n’avais pas encore complètement trouvĂ© ma patte musicale. En 2017, j’ai rachetĂ© un PC Ă  un pote qui avait le logiciel Ableton Live, et je me suis mis Ă  m’amuser lĂ -dessus. Un peu comme avec un jouet, sans trop savoir comment ça marchait. J’ai fait un peu de la merde, mais j’ai fait des premières maquettes comme ça, et puis j’y ai pris goĂ»t. Finalement, j’ai pu faire des maquettes avec ces textes d’amour et c’étaient des morceaux qui me plaisaient, enfin que je trouvais cool. Il y avait autre chose qui se dĂ©gageait, qui Ă©tait plus personnel, plus intĂ©ressant que ce que j’avais pu faire auparavant.

Il y avait quand mĂŞme des limites en termes d’arrangements, je commençais tout juste Ă  travailler sur un ordi donc c’Ă©tait un peu limitĂ©. J’ai demandĂ© Ă  Pierre-Alain GrĂ©goire de me filer un coup de main. Il s’est pris au jeu et a bossĂ© sur les arrangements de l’EP. Je suis très content du travail qu’il a fait.

Et tu te sens complètement Ă  l’aise dans cette veine Ă©lectronique au point de continuer avec ?

Ce n’est pas dĂ©finitif. En ce moment j’ai envie de faire ça parce que je trouve que c’est marrant, c’est drĂ´le, ça permet de crĂ©er des choses tout seul aussi, c’est quand mĂŞme pratique.

Je devais jouer en première partie de Vincent Delerm Ă  Nantes en mars dernier mais le concert a Ă©tĂ© reportĂ© Ă  mars prochain. MalgrĂ© tout, on a la chance d’avoir pu faire une semaine de rĂ©sidence Ă  La Bouche d’Air (salle de concert Ă  Nantes). Il y a encore beaucoup d’Ă©lectronique dans le set, mais on a rĂ©intĂ©grĂ© la batterie. Avec une grosse caisse et de vraies caisses claires, on a gagnĂ© un cĂ´tĂ© plus vivant sur le live.

© Nolwenn Brod

Les paroles font souvent rĂ©fĂ©rence aux cinq sens et au contraste « doux/piquant », surtout dans ta chanson « L’amour saignant ».

C’est bien vu car je m’en suis rendu compte il n’y a pas très longtemps ! Quand j’Ă©cris, je ne me pose pas un millier de questions. Lorsque c’est le cas, ce n’est pas bon signe en gĂ©nĂ©ral. Je me suis rendu compte que j’Ă©crivais beaucoup sur du ressenti et que j’avais besoin de ça pour Ă©crire: visualiser les sens et les ouvrir pour dĂ©crire ce que je ressentais, ou me dire : dans telle situation, qu’est-ce que je ressens et qu’est-ce que je peux en dire ?

On se rend compte de l’emploi frĂ©quent de sonoritĂ©s notamment dans ton emploi de la langue. On perçoit par exemple beaucoup la consonne « s », des sortes d’allitĂ©rations qui participent Ă  ce cĂ´tĂ© très sensoriel. Ce qui rappelle l’aspect sensuel de tes chansons.

C’est bien vu ! Ce sont des trucs que je n ‘intellectualise pas trop. Mais quand j’Ă©cris, forcĂ©ment je chante mes paroles. En tout cas, soit je les chante, soit je les scande. Ça doit toujours passer par l’oral sinon je ne valide pas. Le sens c’est super important pour moi. C’est peut-ĂŞtre le premier palier de ma crĂ©ation. Le deuxième palier, c’est quand ça sonne vraiment bien dans la bouche.

Je me suis rendu compte que j’Ă©crivais beaucoup sur du ressenti et que j’avais besoin de ça pour Ă©crire : visualiser les sens et les ouvrir pour dĂ©crire ce que je ressentais.

Et d’ailleurs on voit que dans ta manière de chanter, tu mets beaucoup ta voix en avant, contrairement Ă  d’autres chanteurs oĂą au niveau du mix, il y a plus de fusion entre voix et musique. On voit chez toi cette envie de mettre la voix en avant, de laisser la part belle Ă  la prononciation, et c’est assez rare finalement aujourd’hui sur la scène française d’entendre aussi bien les paroles. De se les prendre de plein fouet.

Je pense que ça vient de ma façon de chanter et de ma voix qui ne permet pas une longue rĂ©verb’. Il y a un dĂ©bit de parole en gĂ©nĂ©ral assez Ă©levĂ©. Ce n’est pas du rap mais parfois ça peut s’en rapprocher dans le dĂ©bit. Si je me noie dans de la rĂ©verb’ et que je me mets ma voix un peu en arrière, ça n’a plus aucun intĂ©rĂŞt. Je tiens aussi Ă  ce que les gens comprennent les paroles sinon il manque une moitiĂ© du travail. Dans le rap, c’est assez prĂ©sent. Peut-ĂŞtre un peu moins dans le rap actuel parce qu’il y a beaucoup de chant, c’est quasiment de la pop urbaine, assez chantĂ©e, avec des mĂ©lodies. Mais la voix est quand mĂŞme bien devant, et souvent assez sèche.

Les chansons que tu vas rajouter dans la version augmentĂ©e ton EP, « J’avale », « FantĂ´me fluo » et « La nuit je m’ennuie », quand les as-tu composĂ©es ?

« La nuit je m’ennuie » raconte l’histoire d’un mec qui s’ennuie pendant l’acte sexuel. Je l’ai Ă©crite avant l’EP, on la joue toujours en live et je trouvais ça dommage de l’Ă©vacuer et de ne jamais la sortir. Elle est un peu diffĂ©rente au niveau du son car la prod est plus ancienne. C’est la première chanson avec une production Ă©lectro que j’ai faite. Par contre « J’avale » et « FantĂ´me fluo », je les ai Ă©crites après l’EP, dans une autre phase d’Ă©criture.

« La nuit je m’ennuie » a un cĂ´tĂ© bien plus mĂ©lancolique que les autres chansons de l’EP. Ça montre aussi que c’est un sentiment que tu as envie d’explorer, finalement ?

Oui, et c’est vrai que dans les thèmes, ces trois morceaux sont d’ailleurs plus mĂ©lancoliques. Il y aura peut-ĂŞtre plus de mĂ©lancolie dans mes prochains titres, mais avec toujours autant de recul je l’espère.

Pour moi c’est aussi important de titiller le public. Sans ĂŞtre dans la provocation pure, je trouve que c’est important d’essayer de l’agripper ou de le bousculer.

On passe Ă  une question hyper compliquĂ©e. Si tu devais nous parler ce soir d’une chanson francophone, laquelle tu choisirais ? 

J’Ă©coute beaucoup l’album de Thousand en ce moment, j’adore, je suis vraiment fan. Venant de moi ça peut sembler bizarre, mais je ne fais pas trop gaffe Ă  ses paroles pour l’instant. Je ne l’ai peut-ĂŞtre pas encore assez Ă©coutĂ© et je pense que je vais le faire bientĂ´t. J’ai bien accrochĂ©, notamment « Vue du fond de l’aquarium », que je trouve cool. J’Ă©coute aussi pas mal Bertrand Belin et Malik Djoudi.

C’est compliquĂ© comme question, mais j’ai trouvĂ© une autre chanson ! « La voiture ivre » de Judah Warsky. Quand j’ai envie d’aller bien, je l’Ă©coute. Elle n’est pas forcĂ©ment très gaie, mais elle dĂ©gage quelque chose de jouissant, c’est une bouffĂ©e d’air. Ce qui me plaĂ®t le plus, c’est l’harmonie et sa façon de chanter. Il y a une nonchalance et j’aime sa façon de tenir les notes en fin de phrase.

Qu’est-ce qui est important pour toi de dĂ©fendre dans une chanson française ? A partir de quand tu te dis « Ă§a y est j’ai ma chanson, et je peux la dĂ©fendre ».

Il faut que je prenne du plaisir Ă  la chanter dĂ©jĂ , c’est important le plaisir. Et ce n’est pas toujours le cas. Il y a des chansons qui te plaisent intellectuellement mais tu ne les ressens pas dans ton le corps. Et ça ne marche pas. Tu as beau forcer, ça ne fonctionne pas. Pour moi c’est aussi important de titiller un peu le public. Sans ĂŞtre dans la provocation pure, je trouve que c’est important d’essayer de l’agripper ou de le bousculer, en tout cas d’accrocher son oreille avec une formule, une mĂ©lodie ou un refrain plus catchy tout simplement. Il faut que ça accroche, et pour moi le cĂ´tĂ© « pop » et refrain, ou le cĂ´tĂ© catchy, je trouve ça super important. je trouve qu’il y a des artistes très talentueux qui ont des trucs d’ambiance très cool mais pour moi une bonne chanson c’est aussi rĂ©ussir Ă  accrocher, Ă  marquer, et Ă  avoir des choses qui restent une fois que la chanson est terminĂ©e.

C’est ce qu’on a ressenti pendant ton concert et notamment dans ton interprĂ©tation de la chanson « Western Eros ». Dans le contexte actuel, il y avait une dimension libĂ©ratoire. On a adorĂ© quand sur scène tu prĂ©sentes le morceau comme “une Ă©popĂ©e masturbatoire ». Il y a une dimension qui invoque le corps et qui fait du bien, un truc dionysiaque !

Tant mieux si c’est ce que vous pensiez parce que c’est ce que je ressens quand je la chante, et ça me fait du bien !

Merci Abel !

EP Amour Ultra Chelou – Extra Edition (sortie le 04 dĂ©cembre 2020 – Label ito / Modulor)

Tracklist :

  1. L’amour saignant
  2. Calor Humedo
  3. Lovely Doll
  4. Irma
  5. Western Eros
  6. J’avale
  7. FantĂ´me Fluo
  8. La Nuit Je M’ennuie
  9. Irma (Ricky Hollywood remix)

http://www.abelcheret.com/

https://www.facebook.com/abelcheretfanpage

https://www.instagram.com/abelcheret/?hl=fr

propos recueillis par Ryme et Simdo

Remerciements à Abel Chéret et Jérémie Charrier pour leur disponibilité

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