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🔥 Chambre 317 « Ressembler Ă  un vinyle de 1972 jamais ouvert, jamais Ă©coutĂ©, c’est l’impression qu’on voulait donner. Â»

© Akim Elmam

Il est aux alentours de midi un dimanche Ă  Rouen. C’est le printemps, il flotte des cordes, et nous nous dirigeons vers la Chambre 317. Lysian jette un Ĺ“il par sa fenĂŞtre : « c’est Piste 1 ? ». Il vient ouvrir, nous montons ensemble jusque dans le salon d’un appartement oĂą se trouve Ă©galement Antoine. Seul Paul, troisième membre du groupe, manque Ă  l’appel ce matin-lĂ .

Rien de mieux que de se trouver sur le lieu de crĂ©ation du premier EP du groupe, bien calĂ©s sur un canapĂ© faisant face Ă  un clavier et des guitares, pour Ă©voquer ensemble les inspirations et envies ayant menĂ© Ă  la conception du bien nommĂ© Noctambule. Après des premiers singles dĂ©voilĂ©s l’an passĂ©, ce premier disque de 4 titres est l’occasion pour Chambre 317 d’affirmer son style : rythmes moelleux, dĂ©cors musicaux feutrĂ©s, chansons Ă  la progression instrumentale savoureuse et au romantisme se dessinant comme des ombres projetĂ©es au loin.

Rencontre au cĹ“ur d’une ambiance nichĂ©e quelque part entre les dĂ©cennies, au carrefour du dĂ©sert, de la ville et de la mer, une combinaison dont le 317 est sĂ»rement le numĂ©ro gagnant.


Piste 1 : Merci pour votre accueil Lysian et Antoine. La Chambre 317 n’est pas seulement le nom de votre groupe, c’est aussi l’endroit où nous nous trouvons et où vous écrivez vos morceaux. Pour commencer, qu’avez-vous à nous dire pour nous présenter cette Chambre 317 ?

Lysian : C’est une colocation, un groupe de potes. On était cinq dans un ancien groupe, et puis nous sommes restés à trois. On a fait ensemble le festival Pic d’Or à Tarbes, et après être passés devant pas mal de professionnels et de journalistes, on a décidé de passer à un nouveau projet, un nouveau groupe.

On a mis un temps fou à trouver ce qu’on voulait, le nom du groupe pour commencer, puis son style, son univers. On n’était pas sûrs de nous. Par exemple, le morceau d’ouverture de l’EP , “O Longue Nuit”, avait originellement des côtés un peu synth-wave.

Antoine : Un côté un peu à la Lewis of Man, et puis on est ensuite partis sur de la musique plus jazz, rock progressif.

Lysian : On a vraiment tout changé sur ce morceau. C’est un de nos morceaux le plus ancien. On l’avait composé et écrit un an avant le morceau “Mon corps toujours”, notre single sorti à la fin 2019.

Vous aviez donc plein de versions de ce premier morceau et vous avez voulu prendre votre temps pour trouver votre style ?

Lysian : Ouais, il y a eu beaucoup de versions avant de trouver ce qu’on voulait vraiment.

Et puis, à la suite de votre nouveau projet musical, vous vous êtes donc installés ici dans votre colocation ?

Lysian : On était déjà installés là. En fait, on se connait depuis la maternelle. Le nom de notre groupe nous est alors venu tout naturellement. On résidait et on composait dans cette chambre, au 317, alors on s’est dit qu’on allait nommer notre groupe comme ça.

Antoine : On a voulu faire simple.

C’est marrant puisqu’en écoutant votre musique, on se rend compte qu’on est en face d’une musique d’atmosphère. On est musicalement plongés dans un endroit, une époque, de manière très visuelle, comme si on entrait réellement dans cette chambre 317.

Lysian : Tu n’es pas le premier à le dire, et ça fait plaisir! Je pense que ça vient de l’influence des artistes des années 70 qu’on écoute beaucoup : Pink Floyd, Supertramp, par exemple … Il y a dans la musique de ces groupes beaucoup de vieux synthés, des orgues, des solos de guitare … Et c’est vrai que dans la chanson française, on n’entend plus ces accompagnements là.

Quand on a fait le master de l’EP, Bruno Gruel de Elektra Mastering qui a bossé sur le disque nous a dit que notre musique ressemblait à un vinyle de 1972 jamais ouvert, jamais écouté et dont on n’aurait jamais enlevé le plastique. Et c’est exactement l’impression qu’on voulait donner.

Au niveau du son, c’est ce côté très instrumental qui nous a plu, et qui détonne dans le paysage des arrangements en chanson française actuelle comme tu dis. Avec une grande place accordée à des solos presque improvisés.

J’ai aussi ressenti comme une influence jazz dans votre album.

Antoine : Le côté jazz vient plutôt de moi, qui suis au piano, et même de Paul à la guitare, qui amène un côté smooth jazz, même si souvent rock parfois. Même au niveau des batteries, on essaye de mélanger pas mal d’influences, entre jazz et rock.

C’est drôle puisque j’écoutais les Doors hier, et je me disais que la frontière de leur musique avec le jazz était mince, de par leurs improvisations et la manière dont ils composaient.

Antoine : La seule différence, celle qui fait que ce n’est pas du jazz, c’est leur son d’après moi. Ils jouent avec des instruments très électriques.

Lysian : Dans notre groupe, on n’a pas de batteur, pas de bassiste, on est trois. Et on n’assume pas tellement le fait d’utiliser des samples quand on enregistre. On se sent donc obligés de rajouter des pistes de nos propres percussions.

C’est un délire pour nous parce que notre voisin d’en face est musicien et on a eu accès à plein de percussions du monde entier, de sa collection. On s’est donc amusés avec, on en a joué et on s’est dit qu’on allait faire de l’éveil musical dans nos chansons (rires).

D’où les sonorités parfois exotiques qui se dégagent de votre musique ?

Antoine : Oui, il y a plein d’instruments de ce genre. Dans un de nos premiers singles “Polyamour” par exemple, il y a un oud. Ce qui donne des sons qu’on n’a pas forcĂ©ment l’habitude d’entendre dans des chansons françaises. C’est d’ailleurs le son qui nous intĂ©ressait, plutĂ´t que le cĂ´tĂ© technique de ces instruments.

Dans votre écriture et l’atmosphère visuelle de vos premières pochettes de single ou de vos premiers clips, on se situe dans le thème des relations amoureuses furtives et charnelles. Chambre 317, ce serait donc également une maison close, un ancien bordel, un endroit de libertinage à l’ancienne … ?

Lysian : Ouais, c’est un peu ça! Il y avait aussi un côté provoc’ pour nos premières pochettes, avec des questionnements dans le genre : pourquoi n’aurions-nous pas le droit de montrer une femme nue ? Et ce qui est marrant c’est qu’on s’est rapidement rendu compte de ces interdits, avec notre single “Déshabiller”.

Antoine : Oui, la pochette a été censurée sur Instagram.

Lysian : Alors que c’est un dessin ! C’est ça qui est drôle …

Vous recherchez donc ce côté un peu transgressif dans votre projet ?

Lysian : Disons, un côté un peu “faux gentlemen”, que l’on a vraiment chercher à produire, visuellement ou musicalement. Du moins sur nos premiers singles. Notre EP a un aspect beaucoup plus sombre, même au niveau de sa pochette.

Antoine : On s’est dit que ça allait faire trop si on continuait dans ce même délire transgressif. On a voulu couper avec ça.

« Ce qu’on a voulu montrer, c’est qu’on est quand tout de mĂŞme capable d’aller vers cette lumière. »

© Chambre 317

En effet, votre premier EP brouille les pistes, floute les frontières de votre musique.

Lysian : C’est ce dont on avait envie. On s’amuse d’ailleurs souvent Ă  faire des textes Ă  double-sens. Dans la chanson “O longues nuits” par exemple, on pourrait avoir l’impression que je parle uniquement de sexe, mais en rĂ©alitĂ© je parle d’un personnage qui se drogue, qui est dĂ©pendant et qui perd la tĂŞte. C’est une chanson en trompe-l’Ĺ“il. Dans le bout de phrase “sans laisser de trace”, je pense davantage Ă  un rail de coke. Et j’ai vraiment voulu jouer dans mes paroles avec le corps de quelqu’un qui se fait plaisir.

Antoine : Et on a Ă©galement jouĂ© avec le son pour produire ce trompe-l’Ĺ“il.

Mais entre le sexe et la drogue, il n’y pas forcément de frontières très définies d’ailleurs … ce qui rend cette chanson encore plus intéressante !

Lysian : Oui, c’est une drogue, tout à fait. De toutes manières dans les textes de l’EP, on peut parler d’amour, de rupture comme du bordel qu’il peut y avoir dans la tête des personnages des chansons. Et si nos trois premiers morceaux sur l’EP sont plutôt sombres, notre quatrième chanson est complètement différente, plus joyeuse et mélancolique. On a l’impression d’être plongés dans l’ombre pendant les trois premiers morceaux et puis le quatrième amène de la lumière. Ce qu’on a voulu montrer, c’est qu’on est donc tout de même capable d’aller vers cette lumière.

D’ailleurs, sur le premier album qu’on est en train de composer en ce moment, et qui sortira après ce premier EP, on souhaite continuer sur cette voie plus lumineuse, encore plus rock, avec un rythme différent et plus rapide.

Antoine : On souhaite davantage faire bouger notre public.

Lysian : Sur cet EP Noctambule, on a en tout cas absolument pas cherché l’aspect “commercial” mais à se faire plaisir le plus possible !

Pour un premier disque, c’est sans doute le plus important que de se faire plaisir, en toute insouciance, plutôt que d’avoir une influence musicale frustrée et non-exprimée ?

Lysian : Il n’y avait personne pour nous diriger. Personne pour nous demander de refaire une ligne de basse ou autre. C’était top, on a fait ce qu’on voulait.

Et vous avez une idée bien claire de ce que vous voulez produire après ce premier EP ?

Antoine : Ce qui est sûr c’est que ce sera un album. On a une vingtaine de sons, pas encore enregistrés. Il faudra évidemment trier, mais on a déjà ces morceaux en tête.

Comment vous composez et Ă©crivez ensemble dans le groupe ?

Antoine : On compose tous les trois. MĂŞme si les textes viennent quand mĂŞme plutĂ´t de Lysian.

Lysian : Paul revient également souvent sur mes textes, ou commence parfois à les écrire. Souvent il me propose un texte, et je les complète. Moi ça me plaît qu’il écrive avec moi, ça me fait moins de travail (rires). Sinon au niveau des prods, c’est souvent Antoine qui les compose, même si on peut aussi s’y mettre tous les trois.

Vous diriez que vous avez tous les trois les mêmes influences en termes d’écriture ou de musique ?

Antoine : On a quand même beaucoup de goûts en commun, même si on a chacun nos petits styles un peu définis.

Lysian : C’est vrai qu’Antoine et moi on peut par exemple se mettre à écouter du rap américain, alors que c’est que c’est moins le genre de Paul d’écouter ça.

Antoine : Ce n’est pas pour autant que ce style de musique nous influence beaucoup d’ailleurs. Car on a quand même une grosse partie d’influences provenant de la musique rock ou progressive des années 70 et 80. Je pense à Sade par exemple, qu’on écoute tous les trois.

Lysian : Sade, c’est vraiment une grosse influence commune, surtout son album Diamond Life. Mais je pense aussi aux Beatles, à Supertramp …

Antoine : On écoute pas tant que ça de musique française finalement ! On a beaucoup écouté L’Impératrice dans les groupes récents, Pépite à un moment … Mais sinon on n’a pas beaucoup écouté de musique récente.

Lysian : Pour ma part, dans les artistes plus anciens, je pense à Henri Salvador, Gainsbourg. (À Antoine) Toi tu aimais bien Jacques Dutronc récemment. On découvre aussi beaucoup Françoise Hardy en ce moment. On a beaucoup écouté aussi l’album de Nino Ferrer Nino and Radiah, il est très puissant cet album !

Finalement beaucoup d’artistes avec des arrangements instrumentaux à l’ancienne et une bonne place laissée aux textes ?

Lysian : Oui, c’est tout cela qui nous inspire. En fait, j’ai aussi cette impression que dans la musique d’aujourd’hui, on se copie pas mal et on fait le moins d’efforts possible.

C’est quoi votre formation musicale ?

Lysian : On n’a pas fait de conservatoire, ni rien. Antoine a pris quelques cours de piano, petit, mais sinon on a tout appris tout seul. Ça montre qu’il n’y pas besoin d’aller au conservatoire pour apprendre la musique. La musique aujourd’hui est d’ailleurs de plus en plus ouverte, et c’est génial.

« La chanson française d’époque avait vraiment une recherche poétique. Finalement, avec ce genre de chansons, il n’y a pas besoin de lire des livres pour être au contact de la poésie. »

Revenons sur l’ambiance et l’atmosphère de votre premier album, dont le titre est “Noctambule”. Votre musique se déploie dès le premier titre comme nocturne, dans le sens où on s’imagine bien l’écouter la nuit. Elle se déplie de manière calme et discrète, comme si on essayait de ne pas réveiller les gens qui dorment à côté … Cela tient aussi à ta voix Lysian, tout en retenue et presque en fredonnements … Vous avez composé la nuit ?

Antoine : Oui, on a plutôt enregistré les titres la nuit.

Lysian : Il ne faisait presque jamais jour, c’est vrai. Les enregistrements le jour, ça ne marchait jamais. Il y aussi l’effet Covid qui a fait que, avec les confinements, on ne savait plus comment faire pour se fatiguer, pour dormir. Parfois, je me couchais à 5h du matin … Dans notre groupe, Paul était capable de jouer du piano pendant 6 heures d’affilée, ensuite passer à la guitare, la batterie. Il est complètement fou, moi je ne pourrais pas faire ça (rires), et il aimait beaucoup composer la nuit.

L’aspect noctambule va vraiment bien avec l’EP. On n’a pas mis longtemps à se mettre d’accord sur ce titre, une semaine … C’est toi qui as trouvé le nom Antoine !

Antoine : Ouais, on était partis sur “Somnambule”, et puis on s’est décidés pour “Noctambule”.

Lysian : J’étais dans l’escalier, Paul Ă©tait aussi lĂ , et on s’est dit : “oula, ouais, c’est celui-lĂ , direct !”.

Antoine (en montrant du doigt le tableau « Nighthawks » de Edward Hopper, accrochĂ© au mur) : Cette ambiance-lĂ , on l’aime bien. Son cĂ´tĂ© nocturne. D’ailleurs, ce tableau s’appelle “Oiseaux de nuit”. Je trouve ça marrant cette concordance entre “Oiseaux de nuit” et “Noctambule”. Je trouve que ce tableau est une belle illustration de l’ambiance qu’on a voulu crĂ©er dans l’EP.

Edward Hopper, Nighthawks, 1942

Et votre pochette donne aussi cette même impression d’ailleurs.

Lysian : Il y a cette porte qui est dans une sorte de désert. On ne sait pas trop où on est. Il y a pourtant le ciel bleu qui est représenté. On pourrait même croire que c’est la mer. Et il y a trois silhouettes qui pourraient nous représenter.

Antoine : Mais on n’en sait rien en fait, c’est ça qui est cool. C’est très abstrait, on aime bien.

Vos textes ont cet aspect romantique et poétique. Qu’est ce qui vous a donné cette patte littéraire ?

Antoine : On ne peut pas dire qu’on lit beaucoup de poésie. Je pense que notre inspiration passe davantage par des artistes qui eux utilisaient de la poésie. Je pense à Gainsbourg.

Lysian : C’est sûr, Gainsbourg nous a vraiment beaucoup inspiré.

Et puis c’est vrai que la chanson française est un super médium pour faire passer la poésie.

Antoine : Et puis pour le coup, la chanson française d’époque avait vraiment une recherche poétique, qu’on a moins maintenant. Finalement, avec ce genre de chansons, il n’y a pas forcément besoin de lire des livres pour être au contact de la poésie.

Ce sont donc plutôt ces textes de chansons françaises plus anciennes qui vous ont inspiré ?

Lysian : Oui, et puis après, concernant l’écriture, je ne sais pas vraiment comment t’expliquer. Ça vient tout seul. La chanson “Sous la pluie”, je l’ai écrite en 20 minutes. Je me suis imaginé un mec dans la rue, sous la pluie, qui attend que son ex lui fasse un signe. Le texte est venu rapidement, avec une petite gratte et un aspect un peu sombre qui fait qu’on a l’impression d’être dans le désert alors qu’il flotte. Et avec, pour en revenir à ce que tu disais toute à l’heure, un côté “Doors” un peu présent, très sombre. Je pense que c’est le meilleur titre de notre EP, personnellement, même en live.

Et toi Antoine, c’est aussi “Sous la pluie” ton titre préféré de l’EP ?

Antoine : Oui, aussi. Si on prend la partie piano, il y a d’autres titres plus intéressants dans l’EP, mais j’aime bien le format condensé qu’on voulait donner à ce morceau. C’est le seul qui est en deçà des quatre minutes.

Lysian : En live sur ce titre, je suis à la guitare et je chante. Et comme je fais la rythmique, Paul a vraiment une énorme liberté à la gratte. Et concernant le chant, j’ai sur scène la possibilité de changer en permanence ma manière de présenter le texte : de façon assez triste, ou en rigolant de manière un peu narquoise … Et c’est très agréable.

Vous avez d’ailleurs une idée de la manière dont vous avez envie de restituer votre musique au public en live ?

Antoine : On ne s’y est pas trop penchés. Tu sais, avec cette période on n’a pas fait un seul concert, c’est un peu mal tombé.

Lysian : Cela dit, on a connu la scène avec notre ancien groupe. Mais je ne me rappelle même plus le petit truc que ça fait là, au corps, quand tu montes sur scène.

Antoine : Mais c’est vrai qu’on aimerait bien créer une ambiance. On a des idées. On ne va pas mettre des éléments de décor pour restituer une chambre, ce n’est pas l’intérêt, mais habiller la scène avec un peu de rouge, de la chaleur, ça pourrait être bien.

Lysian : Ou une porte, avec écrit dessus 317, et qui serait toujours là pour les concerts … Et concernant les morceaux on s’imagine déjà les étirer en live! Je ne sais pas si tu connais le groupe Last Train. Ce qui est intéressant c’est que leur morceaux de 3 minutes durent 10 minutes en live. On adore particulièrement cet aspect progressif, à la Pink Floyd. Tu as des solos de guitare qui durent longtemps, ça monte en pression. On a vraiment aussi envie de s’amuser avec ça.

La dernière chanson de votre EP « Et pourtant » est un peu diffĂ©rente du reste. Lysian, tu n’es pas le seul Ă  chanter dessus, et l’accompagnement est encore plus dĂ©pouillĂ©e, plus acoustique.

Lysian : Oui, Paul chante dessus.

Antoine : Il n’y a quasiment pas de batterie, sauf à la fin, ce qui rejoint alors le début de l’EP.

Lysian : Et je trouve que ce dernier titre a un aspect plus chaleureux et mélancolique en même temps. On voulait prouver qu’on était capable de faire ce genre de morceau. Et pas seulement des morceaux à ambiances sombres, où tu t’imagines triste dans un bar avec ton whisky et ton cigare, comme nous avait dit la personne qui s’est occupée de notre master en parlant de notre musique.

Quels sont pour vous les ingrédients essentiels d’une chanson ?

Lysian : Le texte …

Antoine : C’est hyper dur comme question. Les accords … On s’intéresse beaucoup à leur progression, les montées, tout cela. Au son.

C’est quelque chose de compliqué pour vous de terminer une chanson ?

Lysian : Carrément, je crois que c’est le pire ! On a tout le temps envie de retourner dessus. Même quand on réécoute l’EP aujourd’hui, on se dit qu’on aurait pu mettre telle ou telle chose dans les chansons.

Surtout que vous avez été entièrement indépendants dans la production de cet EP.

Antoine : On a eu la liberté de faire beaucoup de changements, oui. Il faut donc savoir se fixer des barrières. On s’est mis des deadlines. On s’est dit qu’il fallait qu’on finisse l’EP à telle date, et on a tenu à deux ou trois jours près. Je pense que c’est la meilleure manière pour se limiter. Ce qui n’empêche pas de dériver un peu, surtout qu’on fait beaucoup d’impro sur les morceaux, et il nous vient toujours des idées.

Lysian : On peut très bien passer deux heures Ă  faire n’importe quoi, ou rester sur deux accords et se dire que c’est trop bien (rires). Et par rapport au texte, surtout en ce qui me concerne, je ne cherche pas forcĂ©ment une structure couplet/refrain « commercial » qui fait en sorte que ça rentre dans la tĂŞte.

Tu te situes davantage dans un procédé d’écriture libre, progressive ?

Lysian : Je fonctionne davantage en vers libres, sans refrain. Même le texte est progressif en effet. Et en écoutant la Chambre 317, on s’attend à ce qu’il y ait un moment complètement instrumental à la fin du morceau, on sait qu’il va arriver. Si il n’est pas là, c’est que ce n’est pas nous.

Antoine : Le fait qu’il n’y ait pas de refrain nous permet davantage de raconter des histoires.

Lysian : Notre chanson “Et pourtant” est la seule où il y a un refrain, qui revient trois fois. Dans “O longue nuits”, il y a trois fois la même ligne à la fin, ce qui fait qu’on aurait pu faire un refrain, mais on a préféré y mettre des chœurs, qu’on aime beaucoup ajouter dans nos morceaux. D’ailleurs, il faudrait que je trouve une façon de faire des chœurs sur scène, car c’est moi qui m’en suis occupé sur le disque.

Tu trouveras des choristes ?

Lysian : J’aimerais trop. Trois chanteuses qui seraient là avec nous … avec un orchestre aussi, haha.

Et vous avez des idées de clip pour accompagner votre EP ? Après celui de votre single “Mon corps toujours” ?

Lysian : On aurait dĂ» en faire un dans trois jours pour le morceau “Sous la pluie”, mais on c’était trop compliquĂ©, on n’a pas eu les autorisations dont on avait besoin.

Mais on est pas très “clips”. Même si on bosse toujours avec la même équipe, le duo de réalisateurs Les Maan. lls sont supers, ils sont deux et ils font un taf de ouf. Sur le clip de “Mon corps toujours”, on s’était bien amusés, avec un système de souffleurs pour faire comme “disparaître” Antoine et Paul dans des draps, avec l’idée de mettre en image un rêve.

Vous n’êtes pas très clips, parce que vous n’avez pas encore d’idées précises ?

Lysian : Ah, si, parce que comme tu l’as déjà dit, notre musique est plutôt visuelle. Et j’aime bien penser à des clips, même si j’ai souvent le même en tête qui me revient!

Mais on a trop envie de jouer devant un public en ce moment pour penser aux clips. On a envie d’être dans la mémoire des gens, sans qu’il y ait forcément besoin de nous filmer. On a du mal avec les images de groupe, en général. On se force un peu.

(NDLR : une live session du groupe sortira tout de même prochainement, réalisée par Les Maan dans la crypte de la Maison du tapis, à Rouen)

Merci beaucoup pour votre temps Lysian et Antoine. Pour finir, comme d’hab’ à la fin de nos interviews, vous pouvez nous citer chacun une chanson francophone qui vous tient à cœur.

Antoine : Pour moi, une chanson de l’album de Nino Ferrer “Nino and Radiah”. C’est l’album qui a crĂ©Ă© la Chambre 317. Franchement, c’est le disque qu’on a le plus Ă©coutĂ© au moment oĂą on a trouvĂ© notre style !

Lysian : Je dirais de mon côté la chanson d’Henri Salvador, “J’ai tant rêvé”. J’ai été bercé par Salvador quand j’étais gosse et notamment par “Une chanson douce”. Je l’ai redécouvert il y a deux ans, et j’ai trouvé ses chansons très puissantes. Ses textes me bercent. Et dans la chanson “J’ai tant rêvé”, j’ai vraiment l’impression d’être dans le texte. Quand je l’écoute, ça me fait du bien, ça m’apaise.

(NDLR : n’ayant pas pu participer Ă  l’interview, Paul a tenu Ă  citer de son cĂ´tĂ© la chanson « Statu Quo » de l’artiste quĂ©bĂ©cois Plume Latraverse)


Chambre 317 x Noctambule x paru le 23 avril 2021 (Chambre 317)

Les pistes de l’EP :

  1. Ă” longues nuits
  2. Innocentes
  3. Sous la pluie
  4. Et pourtant

Pssst, vous pouvez commander le vinyle de l’EP Noctambule en suivant ce lien : https://www.diggersfactory.com/fr/vinyl/234833

https://www.facebook.com/chambre317

https://www.instagram.com/chambre317/

Propos recueillis par Simdo

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